LA METHODE KAIZEN POUR FAIRE DE GRANDS CHANGEMENTS AVEC DES PETITS PAS

escaliers en colimaçon
De grands changements, même positifs, augmentent souvent notre peur et nous bloquent complètement. En avançant par petits pas, nous sommes en mesure de réduire ces réactions qui nous empêchent de développer une vie plus sereine. C’est ce que nous enseigne le kaizen.

Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. (Lao Tseu)

Lorsque nous sommes confrontés au changement, il y a deux voies: une rapide et une lente. La première est souvent privilégiée car ses promesses sont spectaculaires et immédiates: perdez 25 kilos en 3 jours, arrêtez de fumer en une semaine, etc. Malheureusement, la plupart du temps, les améliorations sont éphémères… Quand il y en a.

On cherche les plus grands résultats sur un laps de temps le plus court possible. C’est beau, ça brille comme un diamant au soleil, mais au bout du chemin, en lieu et place du changement tant attendu, nous ne trouvons que frustration et déception.

La seconde voie est moins glamour. Elle privilégie la simplicité et procède par petits pas. C’est celle du kaizen.

Les petits pas du kaizen

Le kaizen est une philosophie de vie basée sur des petits changements réguliers et durables. Cette méthode, basée sur le concept de l’amélioration progressive, consiste à découper une tâche principale en de multiples petites tâches plus faciles à gérer.

Avec le kaizen, il s’agit de répondre aux demandes constantes de changement de la vie en recherchant des améliorations continuelles, mais toujours limitées.

Au même titre que l’on ne s’entraîne pas pour la première fois la veille d’un marathon, le kaizen prend le temps, étape par étape. Il s’applique à tous ces objectifs (trop) ambitieux que l’on s’impose dans la vie, et que l’on ne réalise pas.

Physiologiquement, ces petites étapes reconnectent le système nerveux pour contourner la réaction de résistance ou de fuite que nous avons face à un objectif trop impressionnant. Elles débloquent aussi notre créativité et ouvrent la voie à de nouvelles habitudes.

L’amélioration continue et les petits changements

Le kaizen trouve son origine dans les travaux effectués par W. Edwards Deming aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. Ce statisticien et professeur d’université a largement contribué au développement de l’industrie d’armement, notamment avec sa technique de management basée sur l’amélioration continue.

Au lendemain de la guerre, Deming est envoyé au Japon comme conseiller. Il y donne des conférences remarquées. Les Japonais adoptent ses théories pour relancer leur économie et rebaptisent l’amélioration continue en « kaizen » (qui signifie « petits changements »).

Robert Maurer, psychologue à l’université de Californie Los Angeles, s’est demandé s’il pouvait sortir le kaizen du domaine économique pour développer de nouvelles compétences et habitudes.

Il a expérimenté en demandant à ses patients d’opérer des petits pas vers un changement significatif. Par exemple, au lieu de quitter un travail insatisfaisant, un patient était invité à imaginer chaque jour, durant un court moment, ce que serait son travail idéal. A un autre désireux d’arrêter la caféine, Maurer proposait de prendre une gorgée de café en moins chaque jour.

Ces démarches ne demandaient quasi aucun effort et ne pouvaient donc pas échouer. Il a remarqué que ces petites étapes, additionnées au fil du temps, amenaient des changements considérables et que les patients se retrouvaient dans les situations recherchées.

Ces observations vont à contre-courant de ce que l’on entend la plupart du temps. Faire des pas de géant pour des changements radicaux, c’est prometteur et stimulant. Mais une fois l’excitation passée, nous nous retrouvons face au stress et à la peur. Et nous réagissons par la fuite, la résistance ou la procrastination pour soulager l’anxiété.

Une stratégie de changement efficace

Le kaizen pose des questions simples: Quelle est la chose à faire pour commencer? Quel est le plus petit pas que je puisse faire pour être plus efficace?

Poser des petites questions de façon répétée empêchent le cerveau de se mettre en mode « résistance » ou « fuite ». Elles ne suscitent pas la peur ou le stress. En outre, elles créent un environnement mental qui stimule la créativité.

Loin du stress et de la peur, la bienveillance appliquée à soi-même est le meilleur moyen pour permettre au cerveau d’exprimer toute sa créativité.

2 exemples de kaizen:

    • Michael Ondaatje, auteur du livre Le Patient anglais, explique sa technique inspirée du kaizen. Il n’a pas un grand thème en tête lorsqu’il commence à écrire. Il ne se demande pas quel type de personnage fascinerait les lecteurs. Il part d’un événement précis, comme un accident d’avion ou une conversation entre deux personnages, et imagine ensuite qui était dans l’avion, pourquoi cette personne se trouvait là, en quelle année, etc. Pour Ondaatje, ces petits fragments finissent pas s’additionner pour former le profil des personnages, le contexte historique, etc.
    • Vous avez un grand terrain à entretenir. Il y a les feuilles à ratisser, la pelouse à tondre, les plantes à tailler, etc. Devant l’ampleur de la tâche, vous reportez (ou procrastinez) à chaque fois. Plus vous attendez, plus le travail à accomplir devient conséquent. Alors plutôt qu’attendre le dernier moment pour finalement vous casser le dos en travaillant non-stop deux journées entières, consacrez chaque jour 30 minutes à l’entretien du terrain. Cela rendra votre tâche moins imposante. Vous serez aussi <strong>plus efficace</strong> et vous verrez cette demi-heure quotidienne comme une pause qui vous permet de faire de l’exercice.
    • Depuis des mois nous avons envie de lire ce livre susceptible d’améliorer notre vie. Il est sur notre table de chevet, nous le voyons tous les soirs mais nous ne parvenons pas à nous lancer dans cette brique de 1000 pages. Alors plutôt que se demander quand on va commencer, ce qui a peu de chance d’arriver vu notre tendance à la procrastination face à un tel ouvrage, on peut prendre la table des matières et regarder quel chapitre nous semble intéressant. Après l’avoir lu, on passe ensuite à un autre, pas forcément selon l’ordre établi. C’est une façon efficace d’avancer dans la lecture et d’arriver au bout du livre.

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