COMMENT DIRE NON REND PLUS HEUREUX

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Nous sommes nombreux à éviter de dire non par peur du résultat. Le jugement, le rejet, l’abandon sont autant de conséquences potentielles à un refus. Pourtant, dire non est un droit que tout le monde peut exercer. Cela établit des limites, renforce l’estime de soi et rend plus heureux.

Etre libre, c’est savoir dire non.
( Jean-Paul Sartre)

Oser refuser

Avez-vous déjà essayé de dire non à un enfant qui a entre 3 et 5 ans (l’exemple s’applique à certains adultes) ? Votre non est rarement une réponse satisfaisante et le dialogue se transforme vite en épreuve de force. L’enfant ne se soucie pas de savoir si vous êtes disponible ou pas. Il est suffisamment âgé pour exprimer une demande claire mais trop jeune pour la rationaliser. Il doit donc faire face à un mélange de souhaits et d’émotions (comme les adultes) mais sans la distance nécessaire pour les gérer.

Les choses s’améliorent avec l’âge, pour la plupart. Nous restons soumis à des vagues d’émotions et de souhaits, certes, mais nous sommes capables d’entendre un refus. L’exprimer, en revanche, est plus compliqué.

Il y a des nombreuses raisons pour lesquelles une personne éprouve des difficultés à dire non aux autres, mais un élément les relie: l’inquiétude du résultat. Dites non et que se passera-t-il ensuite? Comment la personne en face de vous réagira-t-elle? Avec quelles conséquences? Autant d’inconnues qui peuvent influencer un refus éventuel. Pourtant l’inquiétude ne changera rien au résultat. Donc elle ne doit pas conditionner notre décision.

Oser dire non demande parfois du courage. C’est s’affirmer socialement et respecter notre entourage en exprimant une volonté en accord avec nous-même. C’est également exercer un droit au même titre que toute autre personne. Nos amis le font, nous l’acceptons et ils restent nos amis. Pourquoi en serait-il autrement avec nous?

De plus, dire non n’est en rien cruel ou grossier (à moins de le faire délibérément pour blesser ou choquer). Il n’y a aucune raison que nous ne puissions pas refuser fermement et être toujours aimable et poli.

Pourquoi c’est difficile de dire non

Nous vivons dans une culture du « oui », où l’on attend de chacun d’accepter tout ce qui se présente. Pour lutter contre cela, il est important d’identifier nos objectifs à long terme. De cette façon, nous pouvons nous consacrer à ce qui reflète le plus nos valeurs.

Nous avons souvent peur de décliner parce que nous craignons de manquer. Nous voulons saisir toutes les occasions, alors nous acceptons tout. Ce qui peut mener à l’épuisement mental.

Les gens sont plus enclins à accepter les engagements futurs car ils imaginent, à tort, avoir plus de temps plus tard. Mais pourquoi demain serait-il mieux géré si aujourd’hui ne l’est pas? Apprendre à refuser certaines demandes peut vous donner le temps de chercher ce qui est vraiment important pour vous.

Derrière le « oui à tout », il y a cette peur de passer pour une personne indifférente, voire égoïste, avec le risque d’être critiqué, jugé, et abandonné. Pourtant, la capacité de dire non est étroitement liée à la confiance en soi. Les personnes incapables de refuser ont tendance à estimer les besoins des autres plus importants que les leurs.

Certains psychologues diront qu’il faut remonter à l’enfance pour trouver les sources de ces peurs. Probablement. Toujours est-il que ces peurs se transforment en croyances limitantes qui nous persuadent, par exemple, que nous ne sommes aimables que si nous sommes complaisants et utiles. Etre disponible, systématiquement, crée un cercle vicieux dans lequel la confiance en soi se développe en fonction de la disponibilité que nous offrons aux autres. Alors que le premier ne dépend pas du second.

Ne pas pouvoir dire non épuise, stresse et irrite. Passer des heures à se demander comment sortir d’un engagement pris nuit à la qualité de vie. N’attendez d’être épuisé(e) pour prendre le recul nécessaire et évaluer la situation.

Apprendre à dire non

  • Etablir des limites peut être difficile. Mais c’est essentiel dans l’établissement de relations sociales saines;
  • Dire non libère du temps pour se concentrer sur les activités qui nous stimulent vraiment;
  • Pour apprendre à refuser, créez des limites personnelles en fonction de ce qui est important pour vous, puis engagez-vous à les respecter. Par exemple, si vous accordez de la valeur à la solitude, définissez une limite d’une sortie par semaine et respectez-la même si d’autres personnes vous pressent de sortir;
  • Gardez à l’esprit que ce n’est pas votre responsabilité de plaire à tout le monde. Vous n’êtes pas responsable de la façon dont les autres réagissent au refus. Si une personne se fâche ou est déçue, vous pouvez faire preuve d’empathie mais c’est à elle de gérer sa réaction;
  • Indiquez clairement que refuser n’est pas le point de départ d’une négociation;
  • Dire non c’est aussi mieux gérer son emploi du temps. Vous n’avez pas l’obligation d’être disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (à moins de travailler pour l’horloge parlante);
  • Faites simple. Les longues explications prêtent parfois à confusion. Un refus franc et sincère est très efficace;
  • Réfléchissez à l’ensemble de vos obligations avant d’en prendre d’autres. Une pause dans votre emploi du temps surchargé ne fera pas de vous un(e) hérétique;
  • Dire non vous impose en tant qu’individu. Cela ne fait pas de vous une personne négative. Et encore moins une mauvaise personne;
  • Mettez en pratique le principe du 20-80, aussi appelé loi de Pareto, selon lequel 20% des actions causent 80% des résultats (20% des clients d’une entreprise amènent 80% de son chiffre d’affaire, 20% de nos amis amènent 80% de notre bonheur, etc.). C’est donc l’occasion de faire un nettoyage dans nos relations et activités qui demandent beaucoup d’investissement mais apportent peu de valeur à notre vie.

Le non est à la fois l’outil et la barrière par laquelle nous établissons et maintenons le périmètre distinct de notre personne. Cela dit qui nous sommes, ce que nous apprécions, ce que nous allons faire et comment nous choisirons d’agir.

Le non est une affirmation de soi qui reconnaît implicitement la responsabilité personnelle. Cela dit que chacun de nous interagit avec les autres, et aime, respecte et valorise ces relations. Mais nous ne pouvons pas toujours nous laisser influencer par ces relations. Dire non, c’est faire l’expérience de la maturité.

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